Visite de la ministre Elisabeth Borne


Sa visite avait été annoncée depuis très longtemps et reportée à de nombreuses reprises. Elisabeth Borne, ministre des Transports, a finalement effectué aujourd’hui son déplacement en terre limousine. De passage à la Préfecture de la Haute-Vienne, Madame la ministre a ainsi pu saluer nos principaux élus locaux et acteurs économiques de notre territoire. En sa qualité de ministre des Transports, c’est tout naturellement qu’elle a abordé les problématiques du désenclavement. Lors de cette rencontre où je représentais le Maire de la Ville de Limoges, Émile Roger Lombertie, j’ai ainsi pu porter à la connaissance de la ministre les positions de la Ville de Limoges sur les trois points du désenclavement aérien, ferroviaire et routier. Sur le plan aérien, la Ville de Limoges a tenu à saluer le rôle important de la ministre dans l’obtention des OSP (obligations de service public) tout en soulignant le rôle essentiel des élus locaux qui ont su défendre de concert ce dossier, le consensus local ayant sans doute in fine emporté la décision de l’Etat.

Sur le plan ferroviaire, la Ville de Limoges a souligné l’urgence d’obtenir une liaison vers Paris sûre et rapide ; ne manquant pas de dénoncer la gabegie financière engendrée par le projet avorté de la LGV Limoges-Poitiers. Le constat fait par la Ville fut partagé par de nombreux intervenants, lesquels attendent tous de l’Etat des engagements fermes et précis dans un calendrier établi. Sur ces considérations, la ministre n’a pas fait d’annonce remarquable, se contentant d’évoquer la mise en place du Wifi dans 19 rames à horizon 2019 et d’une modernisation du matériel roulant à horizon 2025…
Point positif, le caractère « minimum » de ces annonces laisse augurer de leur réalisation.

Enfin, sur le routier, la question de la liaison Limoges-Poitiers a longuement été abordée. Sur ce point, deux écoles s’affrontent : la position défendue par le conseil départemental qui vise à se contenter d’une mise à deux fois deux voies de la RN147 via le financement des contrats de plan Etat-Région qui ne conduirait au doublement des voies que dans de très nombreuses décennies.
D’autre part, la position défendue par de nombreux chefs d’entreprises qui consisterait à la création d’une autoroute concédée semble recueillir une majorité de soutiens. Sur ce sujet la Ville de Limoges a rappelé avec pragmatisme que ces deux solutions n’étaient en rien contradictoires, que sur ce tracé il y avait une urgence absolue à le rendre à la fois rapide et sûr. La solution préconisée par l’association autoroute A147 Grand Ouest a le mérite de faire bouger les lignes sur ce serpent de mer. La ministre a quant à elle laissé la porte ouverte en autorisant une étude de faisabilité d’une autoroute concédée, mettant toutefois en garde sur les considérations d’ordre environnemental et topographique du tracé qui s’annoncent d’ores et déjà comme des obstacles qui devront être pris en compte.

Si l’on peut dire que cette visite s’est déroulée dans le respect républicain et la courtoisie dus à un ministre, les annonces de Madame Borne qui ont le mérite d’être concrètes manquent toutefois d’ambition pour notre territoire.


UMP Haute-Vienne