Interview d’Emile Roger Lombertie dans Actions – Le magazine de la CCI Haute-Vienne

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Emile-Roger Lombertie, maire de Limoges

“La carte des régions ? Un os à ronger.”

Originaire de Champsac, petit-fils d’agriculteurs, Emile-Roger Lombertie, 63 ans, occupe le fauteuil de maire de Limoges depuis le 30 mars. Ce néophyte en politique  a pourtant fait tomber la gauche qui régnait sur la ville depuis cent deux ans. Médecin psychiatre, il se définit comme un “gaulliste social”, proche des humbles et des pauvres. Il nous a accordé une interview exclusive.

Que faire pour dynamiser le commerce de centre-ville ?

Emile-Roger Lombertie : En perdant son armée, la ville s’est privée d’une dépense des familles de militaires d’un millions d’euros chaque mois. Le commerce souffre aussi de la concurrence d’internet et de la vente en ligne. Les loyers sont souvent élevés et les magasins parfois exigus. L’ouverture du Family Village, grand centre commercial extériorisé, pas relié au centre-ville, n’incite pas les acheteurs extérieurs à gagner le coeur de la cité. Un des handicaps du commerce à Limoges est qu’il n’y a pas eu de réflexion globale, on a raisonné par morceaux. Nous devons améliorer les relations commerciales entre le centre-ville et la périphérie, dans les deux sens. Il faut repenser les plans de circulation, de transport, revoir l’organisation urbanistique des rues du centre-ville, mettre en valeur les façades. La CCI de Limoges est un interlocuteur privilégié, avec les consulaires, mais nous devons aussi travailler avec les associations de commerçants. Pas de commerce florissant sans développement économique ! Là, je rejoins le président Jean-Pierre Limousin avec qui je partage un certain nombre de ses engagements. Ce sont les entreprises qui créent l’emploi et la richesse. Le politique doit favoriser cela.

Quels sont vos projets dans ce domaine ?

E.-R.L. : Nous allons mettre en place un vrai parcours touristique. Nous avons entamé une campagne de fouilles archéologiques autour de la crypte Saint Martial, sur la place de la République. Le boulevard Louis-Blanc doit devenir l’axe de réunion de ce qui fut jadis le Château et la Cité. Toutes les idées sont les bienvenues. J’aimerais un ou deux grands évènements autour de la porcelaine et de l’émail.

La montée de la délinquance est un fait patent depuis des années. Quelles ripostes mettez-vous en oeuvre ?

E.-R.L. : Le 25 juillet, nous avons signé la convention de coordination entre la police nationale et la police municipale qui doit atteindre une centaine d’agents. La Ville a pris des arrêtés municipaux anti-mendicité, anti-regroupements de personnes accompagnées de chiens, des mesures contre l’ivresse publique et contre la prostitution. Nous allons aussi mettre en place un système de vidéo-protection qui pourra se déplacer, pas un système figé et de flicage, doté d’un logiciel de suivi des faits délictueux.

Quel sera, selon vous, l’impact économique de la fusion de la région Limousin avec l’Aquitaine et le Poitou-Charentes ?

E.-R.L. : En systémique, j’ai appris une chose : ne pas confondre la carte avec le territoire. Le plus difficile pour le gouvernement, c’est comment articuler les différentes compétences, les structurer. Ce qu’on nous propose, c’est la carte, c’est à dire un os à ronger pour oublier quinze à vingt-cinq mille chômeurs de plus par mois… Historiquement, le Limousin a toujours été une terre d’Aquitaine, espérons qu’on ne tuera pas les futurs rois d’Aquitaine, les élus, souvenons-nous de Richard Coeur de Lion (rire). Nous avons toujours eu des relations fortes avec l’Atlantique. Mon souci sera de coordonner les innombrables talents divers, industriels ou artistiques et de porter Limoges au firmament.

Quel est votre sentiment cinq mois aprés votre installation à l’hôtel de ville ?

E.-R.L. : Je ne suis pas étonné. Tout ce que nous avons rencontré je m’en doutais. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de confirmations. J’ai trouvé à la mairie un personnel administratif de trés grande qualité, mais aussi des dysfonctionnements avec des gens qui n’en faisaient qu’à leur tête. Il faut en assumer les conséquences, souvent en termes juridiques et cela coûte cher à la collectivité.

“Je suis un pragmatique, un amoureux du travail bien fait, je fais confiance, je suis un homme de travail en équipe, je crois aux vertus de la transmission.”

 

 


UMP Haute-Vienne